dimanche, 15 janvier 2006

Un nouveau primate sort de la jungle


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"Rien ne saurait étonner un américain"
Jules Verne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les américains ont la fâcheuse tendance à avoir toujours une longueur d'avance, après la lune, le fond des océans, le proche-orient, voilà qu'ils ont entrepris de s'intéresser à de nouveaux territoires sauvages. Sans nouvelles des Aliens depuis que Ben laden leur avait piqué la vedette dans la catégorie du "Mystère caché qui explique tout" nous respirons enfin, un remplaçant est en route, gloire aux spin doctors un nouveau héros arrive ! Et il est Africain, on l'appelle pour l'instant le Kalanoro, il est flippant, brouillon, hirsute, agressif, vit en bande, pour un américain le kalanoro réunit tous les stéréotypes rattachés à l'Afrique. Mais précisons les origines de ce petit être gris.

Sur Cryptomundo, un certain Loren Coleman, nous annonce qu’une unité de marines américains auraient entraperçu plusieurs représentants d’une nouvelle espèce de primates. Le détail de la découverte est donc rapporté sur un site hautement scientifique, étayé, pas du tout occulte et frapadingue [?!] : Cryptomundo, terre d'asile de Big Foot. L'information est ensuite relayée sur Boing boing. La rencontre improbable aurait eu lieu durant des opérations secrètes en République démocratique du Congo entre 1997 et 2002. Période de guerre dans l'ex-Zaire. Suivant ce que rapportent les membres de cette unité d’élite des marines, ces créatures, de la taille de chimpanzés, mais pratiquant la bipédie avec décontraction, auraient le dos hérissé de piquant semblables à ceux des porc-épics, et c’est tandis qu’ils tuaient sauvagement un animal que les marines auraient surpris 13 d'entre eux, piquants hérissés par l'excitation de la chasse. Par ailleurs ce curieux animal vivrait en milieu aquatique. Les créatures aperçues en République Démocratique du Congo seraient cousines d'une autre créature connue, d’après ce que l’on nous explique, depuis toujours des Malgaches : le Kalanoro qui malgré ses pouvoirs télépathiques et son apparence humanoide reste considéré comme un animal. Le dessin de Harry Thrumbore le représente. Madagascar est depuis toujours un haut lieu de légendes et de récits ayant trait à des créatures magiques. Imaginons la migration du Kalanoro de Madagascar à la République démocratique du congo, un périple difficile si l’on songe aux nombreuses guerres civiles en cour dans cette partie de l’Afrique... Bien entendu, comme dans toute nouvelle de cet acabit il existe une preuve : une vidéo de trois minutes classifiée par l’armée, car on se doit d’ignorer pleinement les raisons de la présence d’une unité spéciale de marines en plein milieu du conflit de l’ex Zaïre. Et c’est là que cette histoire improbable, cet énième hoax (canular se baladant sur le net à la vitesse du téléphone arabe) nous intéresse. Des unités d'élite américaine en plein conflit au Congo, tout le monde rêve d'en avoir la preuve.

 

 

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Entre 1997 et 2002 Il y avait bien des unités d'élite de l'Armée américaine dans cette région et elles avaient pour but l'entraînement et la formation des forces de l'AFDL, Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo qui se sont depuis emparées du pouvoir en RDC, au prix de nombreux massacres et déplacement de réfugiés que dénoncent l'association Human rights Watch :

 

 

Morale tragi-comique

La morale de cette histoire c'est que ces petits êtres perdus, chassant fièrement au fin fond des forêts denses du Congo, (elles le sont forcément pour que ces trolls amphibies se soient cachés si longtemps), fuyant les humains, tentant de préserver leur culture de chasseurs-cueilleurs et probablement un tas d'autres qualités... ces petits êtres surpris par une caméra dans leur quotidien, sans le savoir détiennent la clef d'une bataille géopolitique, c'est un peu comme si le Yéti détenait les clefs de l'occupation chinoise au tibet. Sans nous emballer il est possible que la politique internationale entre dans une nouvelle ère. Si tout celà est vrai, ( on attend les articles dans "Nature" et le "New York Times") Guantanamo verra débarquer des prisonniers d'un nouveau genre : petits singes gris perdus dans leur camisole orange XXL traînant tristement la patte pour rejoindre le réfectoire. Il faudra capturer tous les Kalanoros, car il est tout à fait possible qu'ils nuisent aux intérêts américains. La main mise des états-unis sur les richesses du Congo est à ce prix. Evidemment si cette histoire n'était qu'une énorme fumisterie, si les unités d'élite américaine sous l'abus de psychotropes, LSD ou autres, avaient confondus un mariage pygmée avec un scène de chasses de lutins, évidemment à ce moment là le gouvernement Bush tomberait, éclaboussé par le scandale, les français à leur tour décideraient de rendre un peu de son indépendance à l'Afrique et sur le champ le monde serait plus beau.

samedi, 14 janvier 2006

Principe de précaution.

medium_picture4.jpgIl a fait pas mal beau hier. Je venais tout juste d'acheter mon pain, le pharmacien de la place, prévenant comme un dealer à la rentrée étudiante conseillait une cohorte de vieux sur la nécessité de se faire vacciner contre la grippe, d'acheter du Tamiflu en cagette de 100, et d'arrêter de fréquenter des poules qui connaissent des migrateurs, c'est que même chez les bêtes à plume tout ce qui voyage a mauvaise réputation, allez savoir pourquoi y'aurait des oiseaux voleurs de poules qui se soignent à l'anisette et jouent de la guitare debout jusqu'à pas d'heure...
Moi je dis que le meilleur moyen de pas chopper ce gros rhume qui tue c'est encore de garder le sourire. Je traverse l'hiver sans m'en faire, je distille mon  ennui c'est sûr, la retraite c'est un chômage qui dit pas son nom. Mais c'est toujours possible de trouver de l'animation... hier tiens, je suis tombé sur un chantier de décontamination de dioxine, en tant que voisin, vu que l'ancienne décharge je la connaissais bien pour y avoir appris à tirer à la 22 sur les rats. Et ben vla ti pas que débarque une bande de scientifiques chevelus attifés comme des apiculteurs du dimanche, on aurait dit l'équipe cousteau qui planquait des méduses. On a causé un moment vu qu'ils en connaissaient un rayon sur les danger de la prolifération, la pandémie et tout le toutim. A les écouter un virus mutant est en route, les turcs vont être décimés, mais l'occident s'est prémuni, comme d'habitude les morts seront à nos portes, mais bon faut quand même voir que des métiers de fainéants qui coupent les cheveux en quatre y'a qu'à se baisser pour en trouver. Quand je pense que la vache folle c'est la faute aux indiens qui jettent tout dans le gange. D'ailleurs après avoir fait trembler l'europe toute entière on en est où du fléau ? 9 morts. Respect pour les familles mais on nous a gentiment chatouiller la paranoia pour pas grand chose alors, au moins on est sur que les vaches mangent plus de vaches...
Et les porcs ? Dès qu'on met le nez dans ces histoires on va vers la une gentille angoisse du 20 heures, entre deux cyclones, trois où quatre guerres, quelques milliers d'immigrants qui se jettent sur les barbelés de l'Europe. On se demande si ça laisse du temps aux chômeurs pour penser à leurs petits soucis... Ca me rappelle l'histoire d'un collègue qui s'était acheté une encyclopédie médicale pour se détendre après le boulot, il a fini plus hypocondriaque qu'un Druker à poil long, je crois même qu'il en est mort avant d'arriver au chapitre des virus mutant...
Le plus drôle dans tout ça c'est qu'en Afrique ils ont beau gueuler, les labos pharmaceutique bougeront pas le petit doigt pour quelques millions de morts du SIDA à venir, femmes, enfants et tout et tout ... Un conseil amis Africains faites mine d'abattre quelques centaines de poules avec un peu de chance tout ce beau monde qui contrôle les brevets et organisent la pénurie finira bien par se retourner sur vous, s'ils arrivent à lever le nez de leurs dividendes...

jeudi, 16 juin 2005

On est tous des number one


"On est tous des number one, même toi" me disait un autre ami, pas journaliste celui-là, ça lui permet au moins de garder un semblant de lucidité. "Tous numéro un ?" me demandais-je sagement installé en terrasse de mon café préféré dans les effluves de massala du boui-boui d'à côté. Non, malgré les efforts, impossible de m'identifier à cette affirmation, rien dans ma glorieuse et courte histoire ne portait à faire de moi un leader, une tête de pont, un premier de la classe, tête à baffes glissant sous les coups vers une renomée tardive. "Je vois pas le rapport avec la choucroute" rétorquais-je au bout de longues secondes imberbes. Non, rien gagné, jamais. Après pas mal de chutes, d'abandons, j'avais lâché la compétition cycliste non sans être devenu la mascotte de la voiture balai. J'en gardais une haine tenace pour le dopage et les fils à papa aux vélos ultra-léger. J'avais même, un dimanche, provoqué une chute en domino de tout l'avant du peloton, pour une fois que je tenais plus d'un tour dans le collectif fluo... Coupant court à ma rêverie mon pote pas journaliste me relança: " Réfléchis ! je te parle pas du parcours de santé de Val Coric ou de la course à l'oeuf de tes 10 ans. C'est directement de la plus cruciale, de la plus existentielle des compétitions dont il est question". Comme je ne voyais toujours pas, triomphant il renchérit :" On est tous les winner d'une première course pour la vie ! ta conception mon pauv' con ! Des millions de spermatozoïdes et noyé dans la masse on s'est donné au maximum pour arriver premier ! Et on la fait ! Premier ! l Si tu réfléchis, la terre est peuplé de number one ! Alors qu'on vienne pas nous bassiner avec des histoires de réussite professionnelle, j'ai pas à écraser mon voisin, ou à cracher sur le père Fourasse pour lui piquer sa place, on est tous égaux bordel, tous number one ! "
Imaginez une course où les perdants sont sacrifiés, laissés pour mort, tombés d'épuisement dans les sécrétions intimes. Terrain difficile, manque de souffle, nous les avons abandonné sans même nous retourner, et ils étaient nos semblables, nos frères d'armes. Mais c'était marche ou crève, c'était eux ou moi. Et peu importe qu'un futur Prix Nobel, un dirigeant du FMI, une marathonienne de tango soient restés dans les starting block, ce jour là c'était mon jour, ma chance et je l'ai saisie. Bon dieu ça vous mettait du baume au coeur de penser une chose pareille. Numéro UNO. Leader ! J'allais entonner un "on est des champions" anachronique debout sur ma chaise quand mon pote me stoppa net dans mon élan. "C'est pas le tout d'être number one, ça demande aussi du style, de la retenue."
Ainsi, nous sommes tous les fruits de l'amour et d'une implacable boucherie. La vie n'étant finalement qu'un gigantesque recommencement et un jeu permanent de chaises musicales, comme dans toute compétition le statut de number one s'entretient. Il faut jour après jour se donner pour réitérer cet exploit, pour se hisser à hauteur de la grande lutte pour la vie, la nature, l'écosystème. Enfin, je dis ça, c'est pas obligé, vu que le plus dur est fait. Faudrait quand même expliquer aux cyclistes que ça sert à rien de se doper vu qu'y sont tous maillot jaune au fond. La si ça lui redonne pas le moral à Poupou, et à tous les Poulidor de la steppe gauloise, aux adeptes des classement à couper les cheveux en quatre! Ouais mon vieux toi aussi t'es un leader, un meneur, un néo-libéral de la jungle humanoïde.
Spéciale dédicace à La Huche.